La salade culturelle est servie !

Rater un flan, c’est très facile. Rater un magazine c’est pas très compliqué non plus.
Comprenez-nous bien : on aime beaucoup les projets qui aboutissent. Une vis qui rejoint son pas au gré d’un chemin parfaitement perpendiculaire. Un flan qui fond en bouche sans vilain arrière-goût. Un bouclage de magazine sans retard ni imprévus… On est faits comme tout le monde : on aime bien qu’un plan se déroule sans accroc.

Pour autant, les différentes manières de rater nous intéressent de plus en plus. Car après tout, qu’est-ce qui peut bien sortir d’un échec ? Du découragement ? Ou peut-être au contraire une motivation renouvelée ? Dans notre premier numéro, Pauline Peyrade nous confiait avoir repris le texte de son premier roman quatre fois en l’espace de quatre ans avant de finalement trouver ce qu’elle cherchait (ndlr : à l’heure où vous lisez ces lignes, son second roman, les Habitantes, vient de paraître aux toujours très fiables Éditions de Minuit. Foncez).

Au rayon patience mais cette fois-ci dans la section ornithologie, on trouve en tête de gondole Marc Bérat, un photographe marnais qui a attendu huit ans l’occasion propice pour photographier la Locustelle tachetée, un petit oiseau très discret et assez timide. Allez voir à quoi ressemble une Locustelle tachetée. C’est très choupi. Mais bon… Huit. Motherfuckin’. Years. Ocho. Años. Bon, arrêtons les traductions, vous aurez compris le message : des fois, ça rate et il faut recommencer.

Dans ce nouveau numéro, c’est la cheffe pâtissière Rosalie Boucher qui nous explique comment elle a d’abord raté sa tarte au cassis pour mieux réussir un grand dessert au… sarrasin. Steuplé. Du sarrasin… Une graine brunâtre tout sauf sexy. Comme quoi…

Qu’il s’agisse de construire une école au Tibet ou de faire rire en mettant des gros mots dans la bouche d’un canard, Mish Mash vous embarque une fois de plus à la rencontre de personnes dont le travail nous a inspiré·es et qui partagent avec nous leur geste créatif.

Partager, c’est ce que nous avons voulu faire aussi en vous livrant quelques coups de cœur culturels ainsi que l’occasion de jouer avec Booba et l’Oulipo (si si, page 31)

Ce deuxième numéro est également l’occasion pour nous d’aborder des questions de société qui nous tiennent à cœur. Et si nous sommes convaincus que partager différentes formes de culture est déjà un acte politique, nous n’en restons pas moins persuadé.es qu’il faut appeler un chat un chat. Gardons à l’esprit que « la neutralité profite toujours aux oppresseurs, jamais aux opprimé·es » (ce n’est pas de nous, mais de quelqu’un que vous retrouverez page 32).

Avant de vous laisser tranquilles, nous tenions à adresser nos remerciements aux librairies La Belle Image et Amory pour leur générosité et leur confiance admirables. Merci aussi à toute l’équipe de Mish Mash qui transpire crème et vanille afin de vous fournir la plus intéressante des lectures.

Maintenant, il est temps de lire ce nouveau numéro. Quand ce sera fait, nous espérons — en toute bienveillance — que vous raterez quelque chose.
Et que vous retournerez passer des heures devant la porte d’un four ou la page désespérément vierge de votre traitement de texte.

 Si ça ne marche pas du premier coup, recommencez. Qu’est-ce que vous avez de mieux à faire, de toute façon ? Et pour citer Rosalie Boucher : faites des flans, ça change la vie.

faites des flans, ça change la vie.

Qu'est-ce que vous avez de mieux à faire,
de toute façon ?

Coucou !

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